LIGUEIL : PAYSAGES et HISTOIRE
Les armoiries de la ville de Ligueil représentent un œil sur un écusson d’azur. Anciennes armes parlantes du 18è siècle blasonnées « d’azur à un œil d’argent au centre de l’écu ».
La variété des paysages permet à Ligueil d’être reconnue comme « station verte de vacances » pour le plus grand plaisir des touristes et des habitants.
L’étang des Chétauderies aux portes de Ligueil offre le calme et la sérénité d’un espace ouvert à tous.
L’originalité du relief apparaît lorsqu’on aborde la commune par la route départementale D50 en venant du nord. On découvre subitement le bourg, installé essentiellement sur la rive sud de l’Esves (point de vue).
A la porte des grands châteaux, le Pays de Ligueil, véritable carrefour de la nature, vous fait découvrir un certain art de vivre en Touraine.
Région de loisirs et de tourisme en milieu rural, le Pays offre calme et repos aux amateurs de la nature. Les rivières et les étangs réjouissent les pêcheurs.
Les sportifs peuvent s’adonner à leur sport favori : natation, tennis, boules, mini-golf…
Les marcheurs découvrent au hasard des randonnées pédestres des sites divers, coteaux et vallées, mais aussi maisons tourangelles, lavoirs et calvaires…
Les terrains de camping, les hôtels, et les gîtes ruraux accueillent chaque année de nombreux touristes. A ceux qui prennent le temps de vivre et qui apprécient la bonne table, le Pays de Ligueil réserve le meilleur accueil.
Spécialités locales :
- Les rillettes
- La tarte tourangelle
- Les fromages
- Le Ligueil (sucré)
Le bourg de Ligueil se trouve au centre d’un terroir assez riche qui déjà sous l’Ancien Régime exportait ses grains par le port de l’Auvernière sur la Creuse (à Descartes).
La découverte d’outils très primitifs, taillés sur des galets de silex, atteste la présence de la plus ancienne humanité connue à ce jour en Europe : l’Homo Erectus, il y a 400 000 ans.
L’environnement très diversifié, marais au sud ouest et au nord, prairies humides de l’Esves, sols limoneux et sableux favorables à l ‘agriculture, permet au néolithique ancien, il y a environ 5 500 ans, la sédentarisation d’une population appelée le groupe de Chambon-Ligueil, par suite de la découverte des premières tombes dans la vallée de la Creuse à Chambon et du premier habitat à Ligueil, sur le site des Sables de Mareuil.
Le site est occupé ensuite quelque peu à l’âge de bronze, mais surtout aux époques gallo-romaine et médiévale.
Depuis au moins le 8è siècle, l’abbaye St-Martin de Tours possédait des terres importantes à Ligueil, terres auxquelles fut plus tard attaché le titre de baronnie, le seigneur-baron de Ligueil étant le doyen de la Collégiale St-Martin.
Le nom de Ligueil apparaît pour la première fois en 775 sous le titre de Lugoggalus. Le sens de ce nom semble être lié au gaulois Lugu. (Lugogallus:"la clairière des marais")
Deux sites gallo-romains sont connus :
- Aux Sables de Mareuil, bases de murs, vestiges de dallage, céramique, tuiles
- Au lieu-dit Le Paradis, à 150m à l’ouest de l’église, on y a retrouvé plusieurs sépultures, en particulier d’enfants .
Le village fut plus tard le siège d’une viguerie. Après le don de terres par l’archevêque de Tours à l’abbaye de St Martin, les moines se chargèrent du développement du village et de son territoire.
Au Moyen-Age, une enceinte est construite autour du bourg constitué de quatre quartiers distincts : la ville haute, la ville basse, le faubourg d’Espagne et le faubourg du cimetière. Le tout est entouré de douves alimentées par les bras de l’Esves franchi par trois ponts. Les noms de rues : « Fossés St-Martin », « Fossés St-Laurent », « rue des Douves », témoignent de ce passé.
Le 16è siècle connut aussi les assauts et les massacres des calvinistes en 1561, dont les catholiques se vengèrent horriblement sur un ministre protestant qui eut les yeux crevés avant d’être brûlé sur un bûcher. En 1569, la garnison catholique fut chassée de nouveau avec les mêmes représailles et incendies. Le calme revenu, les fortifications disparurent progressivement, mais les douves subsistèrent plus ou moins. Le rôle du petit centre urbain déclina malgré les seize foires annuelles.
Jusqu’au 18è siècle, la route d’Espagne passant par Ligueil, maintient l’importance du village. Elle permit de recevoir en ses murs des personnages de hauts rangs comme en 1700 le roi d’Espagne Philippe V (petit-fils de Louis XIV). Un cortège de carrosses et de plus de deux cents chariots l’accompagnaient. Avant lui, on peut supposer que bien d’autres personnages importants empruntèrent cette route. On sait que St-Louis, arrivé à Loches en octobre 1261, préféra coucher à Ligueil où il y serait resté quatre jours, assistant à la messe et faisant de larges aumônes aux pauvres. Dans la deuxième moitié du 18è siècle, cette route est détournée par la construction de la route royale passant par Tours et Sainte-Maure.
Cependant, l’activité locale bénéficiait de la canalisation de l’Esves avec quatre moulins, deux à foulons, un à tan, le dernier à grain.
Cette activité n’empêchait pas cependant une grande misère du peuple pendant cette période de crise. (la vie à Ligueil pendant la Révolution, et la vie à Ligueil sous le Directoire de Nelly Maillet)
Actuellement restent le moulin de la Touche, le moulin d’Epigny, le moulin d’Edmaine, visibles par des sentiers de randonnées.
Le 19è siècle vit se poursuivre la stagnation et en 1840, le canton de Ligueil était le plus défavorisé, avec celui de Montrésor, pour l’instruction publique.
Jusqu’au 20è siècle, la vie agricole maintient une activité traditionnelle à Ligueil et la laiterie est très active jusqu’en 1988. D’autre part, le grand four à chaux sur la route de Ciran fonctionne du début du siècle jusqu’aux années 1935.
Aujourd’hui, la surface agricole céréalière est très importante, et les vignes et les vergers ont presque disparus.
Une zone de d’activité artisanale s’est développée au sud du village, mais Ligueil reste une bourgade très calme propice au tourisme tranquille.
Une zone de loisirs a été créée en bordure de l’Esves et à proximité d’un terrain de camping bien ombragé comprenant : jardin public avec des jeux pour les enfants, piscine, mini-golf, courts de tennis et terrain de boules. Non loin de là, sur le pré Veneau, un arboretum est en cours. Un peu plus loin, dans une zone bocagère, en contrebas des sables de Mareuil, un étang accueille les pêcheurs et les promeneurs.
La partie la plus élevée du plateau atteint 100m, son pittoresque lui a valu le nom de Bellevue et Beauregard.
A VOIR…
La Seigneurie, imposant bâtiment des 14 ème et 15 ème siècles, ancienne habitation des barons de Ligueil, est devenu la mairie depuis 1921. Un peu plus loin, vous pourrez admirer le logis de la Chancellerie du 16ème siècle, ancien logis des trésoriers de la seigneurie. (aujourd’hui cantine de la maternelle, bibliothèque), la maison Coursault (place du géneral Leclerc) l’une des plus belles maisons XIXe. La maison ou naquit Jacques Marie Rougé , (aujourd’hui La Poste) dans la rue Balthazar Besnard. Le majestueux centre Balthazar Besnard, aujourd’hui Maison de retraite.
De belles demeures privées jalonnent la campagne ligolienne.
Autres curiosités que vous pouvez découvrir en empruntant les sentiers balisés :
- Le Moulin d’Edmaine (19è siècle)
- Le Vieux Logis de Péagu (15è siècle), c’était, au temps de la guerre de cent ans, une forteresse redoutable qui, sous Jean le Bon, tomba aux mains des anglais
- La Tourmelière (17è siècle)
- Le Château d’Epigny (18è siècle), appartint du 16è siècle à la Révolution, à la famille De Pierres. C’est là que vit le jour Joseph-Pascal De Pierres, auteur de plusieurs ouvrages de poésie.
- La Chapelle Notre Dame des Anges (19è siècle), fut construite à la place d’un oratoire qui appartenait à la Collégiale St-Martin de Tours. Chaque année, pour le 15 août, de nombreux pèlerins y venaient. Une cérémonie s’y déroule encore tous les ans à cette date. (fermée, mais les clés sont disponibles, infos à l'Office de Tourisme)
Par ailleurs, la campagne ligolienne regorge de calvaires, lavoirs, pompes à eau, maisons de vignes… Autant d’éléments du petit patrimoine rural, témoins de la vie quotidienne du début du siècle.